

Juriste - RetardVol.fr
08/09/2026
Après un été déjà marqué par de nombreuses perturbations, plusieurs compagnies aériennes connaissent d’importants mouvements sociaux. Les personnels d’easyJet, de Volotea et de French bee dénoncent notamment l’instabilité de leurs plannings, leurs conditions de travail et le niveau de leurs rémunérations.
Ces grèves peuvent entraîner des retards et des annulations de vols. Dans de nombreux cas, les passagers concernés peuvent prétendre à une indemnisation comprise entre 250 et 600 euros, en plus d’un éventuel remboursement de leurs frais.
Les hôtesses et stewards d’EasyJet basés en France ont mené un mouvement de grève au cours du week-end des 15 et 16 août 2026. Selon les informations publiées à l’issue du conflit, 98 vols au départ de la France auraient été annulés durant ces deux journées.
Le conflit portait principalement sur l’instabilité des plannings et les modifications tardives imposées au personnel navigant commercial.
Un accord a finalement été conclu entre la direction et les syndicats. Le préavis concernant les PNC, qui courait jusqu’au 2 septembre, a donc été suspendu.
Cette sortie de crise ne signifie cependant pas la fin des tensions sociales chez EasyJet. Le Syndicat national des pilotes de ligne a déposé un nouveau préavis concernant les pilotes basés en France. À ce stade, le mouvement est annoncé du 13 septembre au 14 septembre.
Il s’agit encore d’un préavis : une reprise des négociations peut toujours permettre d’éviter ou de limiter le mouvement. Les voyageurs ayant prévu un déplacement avec easyJet les 13 et 14 septembre doivent néanmoins surveiller attentivement le statut de leur vol.
Chez Volotea, les pilotes basés en France ont été appelés à faire grève du vendredi 4 au dimanche 6 septembre 2026.
Volotea a notamment annoncé l’annulation de plusieurs vols au départ de Lille le 4 septembre, à destination de Perpignan, Bordeaux et Figari.
Les passagers doivent donc distinguer les vols directement perturbés par la grève des modifications plus générales du programme de la compagnie.
Le personnel navigant commercial de French bee était en grève depuis le 27 août 2026. Initialement prévu jusqu’au 31 août, le mouvement a été prolongé du 1er septembre au 6 septembre.
Pour maintenir son programme, French bee a loué des avions accompagnés de leurs équipages auprès de la compagnie espagnole Wamos Air. La compagnie a indiqué vouloir assurer l’ensemble de ses vols, notamment vers La Réunion et Tahiti. Cette organisation n’exclut toutefois pas la survenance de retards, de changements d’appareil ou d’annulations.
En l’absence d’accord avec les représentants du personnel, le mouvement a été prolongé jusqu’au 6 septembre.
Lorsqu’une grève est organisée par le personnel de la compagnie aérienne — pilotes, hôtesses de l’air ou stewards — elle n’est, en principe, pas considérée comme une circonstance extraordinaire permettant au transporteur d’échapper automatiquement à son obligation d’indemnisation.
La Cour de justice de l’Union européenne l’a confirmé dans son arrêt Airhelp contre Scandinavian Airlines System, affaire C-28/20, du 23 mars 2021.
Selon la Cour, une grève organisée par un syndicat représentant le personnel d’une compagnie, dans le cadre légal et afin de défendre des revendications professionnelles que l’employeur peut satisfaire, est inhérente au fonctionnement normal de l’entreprise. Elle ne constitue donc pas, en principe, une circonstance échappant à la maîtrise effective de la compagnie.
Cette solution semble directement pertinente pour les mouvements sociaux actuellement engagés chez easyJet, Volotea et French bee, puisqu’ils concernent leurs propres salariés et portent principalement sur les rémunérations, les plannings et les conditions de travail.
La situation serait différente si le vol était perturbé par une grève extérieure à la compagnie, comme celle des contrôleurs aériens, du personnel de sûreté ou de certains salariés de l’aéroport. Une telle grève peut constituer une circonstance extraordinaire, à condition que la compagnie démontre son incidence directe sur le vol et les mesures raisonnables prises pour limiter la perturbation.
En application du règlement européen n° 261/2004, une indemnisation peut notamment être due lorsque :
Le vol est annulé moins de quatorze jours avant le départ ;
Le passager atteint sa destination finale avec au moins trois heures de retard ;
Le passager subit un refus d’embarquement contre sa volonté ;
La perturbation n’est pas causée par une circonstance extraordinaire dûment prouvée par la compagnie.
En cas d’annulation, l’indemnisation peut toutefois être écartée lorsque la compagnie a proposé, dans les délais prévus par le règlement, un réacheminement permettant au passager de partir et d’arriver à des horaires proches de ceux initialement prévus.
Le montant dépend de la distance du vol :
250 euros pour les vols jusqu’à 1 500 kilomètres ;
400 euros pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 kilomètres et les autres vols compris entre 1 500 et 3 500 kilomètres ;
600 euros pour les autres vols de plus de 3 500 kilomètres.
Cette indemnisation est calculée par passager et non en fonction du prix payé pour le billet.
En cas d’annulation, l’article 8 du règlement européen permet au passager de choisir entre :
Le remboursement du billet pour la partie du voyage qui n’a pas été effectuée ;
Un réacheminement vers la destination finale dans les meilleurs délais ;
Un réacheminement à une date ultérieure choisie par le passager, sous réserve des places disponibles.
La compagnie ne peut pas imposer un simple avoir lorsque le passager demande un remboursement en argent.
Il est également conseillé de réfléchir avant d’accepter immédiatement le remboursement du billet. Une fois ce choix effectué, la compagnie peut considérer que le passager a renoncé au réacheminement gratuit.
Ces droits demeurent applicables même lorsque l’annulation résulte d’une circonstance extraordinaire.
Lorsqu’un vol est fortement retardé ou reporté au lendemain, la compagnie doit proposer gratuitement une prise en charge adaptée à la durée de l’attente.
Cette obligation demeure applicable même si la compagnie invoque une circonstance extraordinaire.
Lorsque le transporteur ne fournit aucune assistance, les passagers peuvent engager eux-mêmes les dépenses nécessaires et en demander ensuite le remboursement. Ces frais doivent cependant rester raisonnables et directement liés à la perturbation.
Il est donc indispensable de conserver les factures des repas, de l’hôtel, des taxis, des transports en commun et, le cas échéant, du trajet alternatif acheté en urgence.
Avant de partir, consultez régulièrement le site ou l’application de la compagnie et vérifiez vos courriels ainsi que vos SMS.
En cas de perturbation :
Conservez votre réservation, votre billet et votre carte d’embarquement ;
Réalisez une capture d’écran du statut du vol ;
Vérifier vos mails (Spam ou indésirables)
Demandez à la compagnie la cause précise du retard ou de l’annulation ;
Conservez toutes les factures des dépenses engagées ;
Demandez par écrit un remboursement, un réacheminement ou une indemnisation ;
Ne vous contentez pas d’un refus général fondé sur la seule mention d’une « grève ».
La compagnie doit examiner la situation précise du vol et démontrer l’existence d’une éventuelle circonstance extraordinaire. Elle ne peut pas refuser automatiquement toute indemnisation au seul motif qu’un mouvement social était en cours.
Si votre vol easyJet, Volotea ou French bee a été annulé ou retardé en raison de ces mouvements, vous pouvez déposer votre dossier auprès de RetardVol afin de vérifier gratuitement votre éligibilité.
Sources :
Règlement (CE) n° 261/2004 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004 établissant des règles communes en matière d'indemnisation et d'assistance des passagers en cas de refus d'embarquement et d'annulation ou de retard important d'un vol, et abrogeant le règlement (CEE) n° 295/91
https://www.tourmag.com/easyJet-France-nouvelle-greve-en-vue_a133069.html
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