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Mathilde Lambert

Juriste - RetardVol.fr

05/03/2024

Tensions entre les compagnies et Boeing

Au cours d’une rencontre avec des journalistes organisée au siège de la compagnie à Dublin, Michael O’Leary, PDG de la compagnie aérienne Ryanair, a exprimé vendredi 1er mars son intention de réclamer des compensations financières à Boeing. Cette demande fait suite aux retards de livraison du 737 MAX, attribués en grande partie aux problèmes de qualité récurrents rencontrés par le constructeur aéronautique.

Ryanair réclame une compensation à Boeing

Le 5 janvier 2024, une porte s’est détachée de la carlingue d’un Boeing 737 MAX 9 lors d’un vol au départ de Portland (Oregon) à destination d’Ontario (Californie), opéré par la compagnie Alaska Airlines. Selon un rapport de l’Agence américaine de sécurité des transports, la cause de cet incident serait l’absence de plusieurs boulons destinés à maintenir la porte du Boeing 737 MAX 9. Le document indique que l’absence d'usure ou de déformation autour de certains trous suggère que “quatre boulons prévus pour empêcher que la porte-bouchon ne se déplace vers le haut étaient manquants avant qu'elle ne bouge”. 

Suite à la publication de ce rapport, le dirigeant de la compagnie leader du secteur “low cost” en Europe a vivement critiqué le constructeur américain Boeing. En effet, lors de la table ronde organisée au siège de sa compagnie, Michael O’Leary a déclaré que “les contrats de Boeing et Airbus prennent en compte des retards excusables, mais si on perce des trous au mauvais endroit et que ça entraîne des retards, est-ce excusable ou pas ? Nous pensons très fermement que c'est inexcusable”. Il a également ajouté que pour l’ensemble de ces raisons, il pensait obtenir “une compensation modeste de Boeing”. 

Un impact indirect : Ryanair redoute des conséquences financières majeures

Toutefois, bien que Ryanair n’ait pas émis de commande pour le modèle 737 MAX 9, la compagnie n’est pas à l’abri des conséquences de l’incident survenu début janvier qui a entraîné la suspension temporaire de vols pour une partie de la flotte. Les retards de livraison qui en ont résulté concernent l'ensemble de la gamme, y compris les 737 MAX 8-200 exploités par la compagnie à bas coûts. Le patron de Ryanair n’a cependant pas critiqué directement le 737 MAX et ses qualités, une démarche délicate étant donné que la compagnie a passé une commande conséquente de 360 exemplaires fermes, avec 150 en option. Il a de ce fait souligné que « Il n'y a rien de fondamentalement problématique avec l'appareil (...) mais une approche médiocre des contrôles de qualité », mettant ainsi l'accent sur les procédures de contrôle de qualité, plutôt que sur les performances intrinsèques de l'aéronef.

Il n’empêche que Michael O’Leary n’a pas dissimulé sa frustration devant les journalistes en évoquant le ralentissement du rythme de la production des appareils concernés. Actuellement, Ryanair anticipe la réception de 40 à 45 appareils d'ici à l'été 2024, comparé aux 50 initialement prévus. Par conséquent, cette situation pourrait entraîner des ajustements dans le programme estival de la compagnie, parmi lesquels des retards ou des annulations de vols pourraient se produire cet été. 

Objectif de production compromis par des événements affectant la réputation de Boeing 

Cette situation devrait persister pendant un certain temps. Face aux problèmes de qualité récurrents rencontrés par le programme 737 MAX, Boeing a pris la décision de geler temporairement l’augmentation de sa production. Le constructeur américain a ainsi renoncé, pour le moment, à se projeter vers la cadence de production de 50 appareils par mois, tout en maintenant l’objectif à moyen terme pour la période 2025-2026. Cet objectif est cependant entaché d’obstacles, d’autant plus que Boeing continue d’attirer l’attention médiatique. En effet, il y a moins de dix jours, les passagers d’un vol United Airlines à destination de Boston ont vu se désintégrer sous leurs yeux le volet d’une aile, entraînant ainsi le déroutement en urgence du Boeing 757-200.

Un Boeing 777 perd une roue au décollage à l'aéroport de San Francisco

Un incident aérien a eu lieu le jeudi 7 mars lorsque qu'un Boeing 777 de la compagnie United Airlines a perdu une de ses roues au moment du décollage depuis l'aéroport de San Francisco. L'avion, initialement en route vers Osaka, au Japon, a été contraint d'effectuer un atterrissage d'urgence à Los Angeles. 

À bord de l'aéronef se trouvaient 235 passagers et 14 membres d'équipage. La roue du Boeing 777 a chuté sur le parking de l'aéroport, endommageant plusieurs véhicules, mais heureusement aucune victime n'a été signalée. 

Selon les déclarations de la compagnie United Airlines, l'avion était équipé de six roues sur chacun de ses deux trains d'atterrissage, garantissant ainsi la sécurité de l'atterrissage en cas de défaillance ou de perte d'une roue.

Cette série d'incidents récents souligne les défis considérables auxquels Boeing est confronté, remettant en question sa capacité à atteindre l'objectif de production fixé. Les problèmes médiatisés et les préoccupations croissantes en matière de qualité risquent de compromettre la confiance du public et des compagnies aériennes, rendant la réalisation de l'objectif ambitieux de production de 50 appareils par mois encore plus incertaine pour le constructeur aéronautique.

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